Longtemps dénigré, le talent de Lucio Fulci commence tout juste à être reconnu. Ne crions pas victoire tant le chemin est long mais dse travaux voient le jour en tentant de souligner l'univers personnel de Fulci (voir à ce propos le travail éditorial de Neo Publishing)... Mais la reconnaissance passe également par les citations et depuis quelques années, différents réalisateurs parlent volontier de l'influence de Fulci dans leur propre oeuvre ou dans leur cinéphilie. C'est pourquoi luciofulci.fr donne la parole à diverses personnalités du cinéma qui nous raconte leur rapport avec Fulci et son cinéma.

Sauf indiqué, propos recueillis et traduits de l'Américain par Lionel Grenier pour luciofulci.fr.

Adam Gierasch Adam GIERASCH (réalisateur)
- Autopsy (2008)

co-scénariste :
- La Terza Madre (2007) de Dario Argento
- Mortuary (2005) de Tobe Hooper
-Toolbox Murders (2003) de Tobe Hooper






"Il est vrai que le tueur dans Toolbox Murders ressemble beaucoup au Docteur Freudstein. Pourtant, je n’ai vu la Maison près du Cimetière qu’après avoir écrit le scénario du film pour Tobe (Hooper) ! En fait, j’ai découvert Fulci assez tard, mais dès que j’ai vu ses films, je suis devenu un gros fan. J’ADORE l ’Au-delà et Frayeurs qui sont de très bons exemples de ce que j’appelle l’horreur abstraite (il ne faut pas chercher le sens des choses, mais ces films sont bourrés d’images qu’on ne peut oublier). Je pense aussi que la scène avec le requin dans l’Enfer des Zombies est absolument remarquable. Mais comment ont-ils fait ça ? Ma seule véritable déception dans l’œuvre de Fulci, c’est Nightmare Concert. Pour moi, c’est un film paresseux et complaisant. Quant aux effets, ils ne sont pas aussi bons que dans ses films précédents." (le 23/03/2009)



Ivan Zuccon Ivan ZUCCON (réalisateur)
- Colour from the Dark
(2008)
- Nympha (2007)
- Bad Brains (2006)
- The Shunned House (2003)
- Unknown Beyond (2001)
- The Darkness Beyond
(2000)





"Le Maître Fulci a apporté une contribution essentielle à l’Horreur italien. D'une certaine façon, il a rendu ce genre populaire. C'était un grand artisan et un artiste génial. Bien souvent, il disposait de budgets limités mais il est toujours parvenu à faire face à ce type de limites grâce à sa créativité. Sans oublier l’approche onirique omniprésente dans beaucoup de ses films d’horreur les plus connus. Bien souvent, ses films posent beaucoup de questions et n’apportent que peu de réponses, mais c’est ce que devraient faire toutes les histoires de mystères... Fulci semblait insister sur cet aspect que je considère extrêmement intéressant. L’être humain tente toujours d’apporter des réponses, il les cherche spasmodiquement mais échoue la plupart du temps et c’est bien là la limite de l’être humain. Comment ne pas citer à ce propos le final de l’Au-delà, où les questions dans l’esprit du spectateur jaillissent en nombre et où le réalisateur nous laisse alors sur notre faim, le souffle coupé pour enchaîner directement sur le générique !! Génial ! La critique italienne n’a jamais été capable d’apprécier ses propres talents. L’Italie regarde toujours vers l’étranger, elle le fait aujourd’hui et elle l’a fait par le passé. Sauf pour se rappeler seulement tardivement de la vraie valeur de ses artistes, lorsque ces derniers, hélas, sont déjà dans « l’AU-DELA ».
Il m’arrive souvent de recourir à Fulci pour trouver de nouvelles idées et des sources d’inspiration. Je me rappelle que, lors de l’écriture d’un scénario, mes collaborateurs et moi étions bloqués. J’ai alors suggéré que nous regardions
Aenigma et immédiatement après le film nous avons trouvé de nouvelles idées pour poursuivre notre travail. Fulci vit, il vit à l’intérieur de nous." (le 23/03/2009) Traduit de l'Italien par Colette Siri.

 

 

 

 

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